Une journée en enfer

3 septembre 2014, 5 heures du matin, déjà réveillé et stressé. Surtout ne pas être en retard et … ne rien oublier. C’est mon test théorique pour la licence privé à 8 h 30 ce matin chez Transport Canada à Dorval. Ça fait longtemps que je me prépare, mais je ne me sens pas tout à fait prêt.

Ça commencé en juin 2011 chez Vortex aviation à Beloeil. Je voulais voler (pas à l’étalage, ni à la tire), et ça faisait longtemps. Quand j’étais enfant mon père aimait les avions, il avait servi dans la RCAF en Angleterre durant la guerre comme mécano sur les Spitfires et m’a communiqué son goût pour l’aviation. À 17 ans j’ai voulu m’engager dans les forces et je suis parti pour Centralia, près de London en Ontario pour une semaine de tests pour devenir pilote. À la dernière entrevue on m’a demandé, advenant le cas où je ne serais pas sélectionné pour le cour de pilote, si le cours de navigation me conviendrait. Non pas vraiment; ça s’est terminé là. Plus tard dans la mi-vingtaine, j’ai commencé le cours de pilote privé à St-Hubert, ça s’est terminé après une dizaine d’heures faute d’argent.

Donc en 2011, je me présente dans une école de pilotage pour ultraléger et je commence la formation avec Pierre-Yves Girouard, propriétaire de Vortex aviation. Ça dure quelques mois et c’est très agréable, cependant je me rends vite compte des limites de ce type de licence et je décide de faire la licence privé sur le conseil de mon ami Eddy Bélanger. Je prends contact avec Philippe Lucas qui me propose une formation chez Devenir Pilote et tout commence pour de vrai. Je fréquente l’école de façon assidue, même s’il y a quelques espacements. Je rencontre plein de gens qui ont une passion transmissible intellectuellement pour l’aviation. Finalement, je réussi le test en vol en deux épisodes (vraiment aucun talent naturel). Durant tout ce temps, je vole souvent pour le plaisir avec Eddy, que j’ai rencontré en sautant en parachute il y a plus de 30 ans. L’école de parachutiste lui appartenait et il pilotait aussi l’avion de largage. Chaque fois qu’on vole ensemble, il me fait découvrir quelque chose, il connait la géographie du Québec comme pas un!

150-Bernard Berthiaume

C’est bien beau tout ça mais l’examen lui? Hé bien l’examen, ça été difficile. D’abord on vérifie tous vos documents, ensuite on vous explique: pu de « tites » cases à cocher sur une feuille de papier, c’est sur ordinateur. On te donne un paquet de paperasse et on te dit: allez vous asseoir au bureau 9. Et là quand tu es prêt, tu commences. Pas de stress, tu vois dans le bas de l’écran le temps qui te reste et le nombre de questions que tu as complété. Les 20 premières questions ça va pas trop mal, mais après, c’est la section navigation. Oups, maudite calculatrice, comment déjà pour trouver, les caps, la TAS, la consommation, etc. Là, je me demande ce que je fais ici. J’aurais pu aller me reposer à la campagne, mais non, je suis masochiste ou quoi? Et moi, j’ai la fuse courte… très, très courte, demandez à Philippe. Donc, je me dis, est-ce que j’ai vraiment besoin de ça une licence de pilote? J’ai juste à ramasser mes affaires pis à foutre le camp, je dois rien à personne.

Mais, d’un autre côté, Eddy, Philippe, Pierre, Isabelle, etc. vont tellement être déçus pour moi, je ne peux pas faire ça. Tu vas rester assis sur ton cul et terminer l’examen, advienne que pourra!

Après tout, c’est moins pire que de se casser une jambe. Le moment de panique passé, je fais de mon mieux, le « ti » maudit cadran en bas de l’écran égraine toujours les minutes. Quand je finis, il me reste encore 17 minutes, mais je clique sur fin, tiens toi « ti » maudit cadran. Je ramasse mes bébelles et sors de la salle. C’est terminé, la préposé me regarde avec un sourire et lève le pousse en l’air, j’ai bien fait de pas mettre l’avion sur lesPac, j’ai réussi. J’étais tellement content, normal après tout ce temps.

La route pour arriver à destination est parfois longue et parsemée d’embuche, mais aussi de merveilleuses découvertes. Il faut toujours garder la foi et surtout se faire confiance.

Merci à toute l’équipe de Devenir Pilote, particulièrement à Philippe Lucas.

Bernard Berthiaume 4 septembre 2014

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